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samedi 10 décembre 2011

Bilan de la coupe du monde de rugby 2011 II: De l'arbitrage

  Ce n'est pas de l'arbitrage de la finale que je veux parler d'abord, ni même de celui de cette coupe du monde. Je ne manquerai pas de le faire mais je veux camper un contexte de réfléxion, pour éviter si possible de tomber dans la polémique. Arbitrage de la finale qui, d'ailleurs, déjà anecdotique, va peut-être enfin pouvoir être évalué sans passion exagérée d'ici peu, et c'est que je tenterai de faire. Non, aujourd'hui, c'est de l'arbitrage du rugby en général que je veux parler.

      L'arbitrage de rugby est un cas particulier dans les sports collectifs. Je pense pouvoir affirmer que c'est le sport ou le rôle de l'homme au sifflet est le plus important.
  Quantitativement d'abord, le nombre de décisions est imposant. Par rapport au foot, le sifflet retentit 3 ou 4 fois plus. Cela a été longtemps le principal reproche fait au rugby par les amoureux du ballon rond, le nombre et la longueur des arrêts de jeu.
Steve Walsh
Et quand certains sports s'approchent au nombre d'interventions comme le basket, ou le hand-ball, c'est qualitativement que le rugby se démarque encore. Les décisions de l'arbitre y sont beaucoup plus conditionnées par l'interprétation que dans les autres sports collectifs. Il existe dans les règles de ce sport des régions immenses par le nombre de décisions à prendre dans un match et par les possibilités de choix , qui sont soumises à l'interprétation de l'arbitre. Je peux citer tout ce qui concerne les mêlées fermées, les zones de placage et zones dites de "ruck" ou les "passages à vide.  Déjà, ces règles ne sont pas toujours connues par les acteurs du monde du rugby et autres aficionados. Elles ont été beaucoup réformées depuis 15 ans à la recherche d'un équilibre fragile entre l'attaque et les défenses, et souvent certains joueurs de haut niveau même peuvent monter des faiblesses sur la connaissance stricte du texte.(Alors les supporters... ) On a vu par exemple , il y a quelques temps , le talonneur de Biarritz Benoist August faire en toute légalité le tour du regroupement pour aplatir l'essai dans les pieds du demi-de mêlée adverse sans réaction autre que la stupéfaction , mais qui depuis a sûrement appris qu'il n'y a pas de ligne de hors-jeu lorsque le ballon est dans l'en-but. August le savait, il était le seul avec l'arbitre.
 Ensuite, ces règles , une fois apprises à la lettre ne donnent pas beaucoup de solutions évidentes derrière lesquelles se retrancher. Lorsque la mêlée s'écroule, il faut bien assumer sa décision et le plus souvent, la règle est d'un secours limité. Sur une zone de placage/scène de crime, la police scientifique serait parfois bienvenue tant le nombre de fautes contradictoires et simultanées empêche toute décision simple et univoque.
Derek Bevan
    C'est donc là, que le rôle de l'arbitre prend toute sa spécificité dans le rugby. L'arbitre doit trancher, entre des fautes de part et d'autre ou en l'absence du secours d'une règle claire. Et il faut le dire, il le font le plus souvent avec succès, plaisir, tact et parfois même humour.
  Ils font de bons et de mauvais matchs comme les joueurs , certains sont meilleurs que d'autres mais le rugby a besoin d'eux pour exister plus encore que d'autres sports.

   Et c'est selon moi ce qui explique en priorité l'exception rugbystique. On parle souvent du respect de l'arbitre qui y serait plus flagrant que dans d'autres sports et il est vrai qu'on ne voit pas les joueurs se rebeller et hurler leur mécontentement à sa figure en le forçant comme au football notamment à un footing à reculons pour dégainer un carton.
  Cette particularité ne vient pas de l'éducation, ou de la nature des hommes en présence. Les hommes sont les mêmes, ni meilleurs,  ni pire et aucune différence sociale ou d'éducation n'a d'influence sur les comportements. L'envie de gagner et l'enjeu sportif et aujourd'hui financier ont le même effet sur les petits gars qui s'engagent dans la voie du rugby professionnel. Un mauvais effet!
Waynes Barnes
   Mais c'est bien le sport qui contient en lui-même de quoi contrer ces effets négatifs. Et c'est le sentiment collectif de la nécessité de laisser l'arbitre exercer son autorité sans laquelle aucun jeu , aucun plaisir n'est possible, qui régule les réactions de dépit des joueurs sanctionnés. Plus moins efficacement selon les personnalités, mais la cohésion de l'équipe aplanit les différences. On voit régulièrement un co-équipier épauler préventivement son collègue qu'il sait impulsif au moment d'une décision désagréable. On a aussi tous assisté amusé, grâce aux micros des arbitres, au sermon paternaliste d'un gringalet dégarni à un athlète penaud lui pesant 50 kg de plus que lui. Certains font d'ailleurs preuve de beaucoup d'esprit à ces occasions.

 

   Et c'est là qu'on approche les sujets qui fâchent.  L'équilibre recherché par les législateurs est aussi la recherche du corps arbitral à l'instar de la jurisprudence complétant la loi en l'interprétant. À chaque coupe du monde, une commission d'arbitrage se réunit en amont et essaie de dégager du contexte récent des priorités afin d'améliorer le spectacle offert et je l'espère, l'équité sportive. Ces compétitions sont à l'origine d'évolution de l'arbitrage.
Alain Rolland
  Cette évolution existe dans le temps bien sûr, mais aussi dans l'espace et c'est plus problématique. Je m'explique. La répartition géographique de ce sport entraîne une répartition par hémisphère avec des différences marqués entre le nord et le sud. Au plan sportif existe une domination du Sud, mais les différences sont également économiques, de calendrier et vont jusqu'à affecter les règles écrites puisqu'il est arrivé récemment avant 2007 et la coupe du monde en France, que les deux compétitions majeures de chaque hémisphères utilisent des règles sensiblement différentes ( il s'agissait notamment de la règle qui donnait un coup-franc à la place d'une pénalité dans le sud pour accélerer le jeu en suscitant les relances, ou du placement de la ligne d'attaque sur les mêlées). L'arbitrage aussi connait cette dichotomie. Travaillant ensembles, arbitres du nord et arbitres du sud élaborent deux façons d'arbitrer plus ou moins contrastée selon les périodes.  Et il suffira qu'ils donnent des réponses différentes sur les zones signalées ci-dessus comme très "interprétables", et l'écart entre les deux "arbitrages" grandira.
      C'est ce qui s'est passé lors de cette coupe du monde organisé à la Mecque du rugby, dans l'hémisphère sud avec la commission des arbitres dirigée par Paddy O'Brien, arbitre réputé, qui a conduit Craig Joubert à arbitrer la finale.
Paddy O'Brien
    En 2007, l'irruption des argentins au plus haut niveau et de leur jeu destructeur à base de courage et d'agressivité pour ralentir les sorties de balle adverse avait donné lieu à une réunion spécifique de la commission des arbitres qui avait décidé à juste titre de ne pas changer ses choix en cours de compétition au nom de l'équité mais avec le résultat que l'on sait au niveau du spectacle notamment.

       Ceci étant posé, je parlerai de l'arbitrage de Craig Joubert ce dernier 23 Octobre notamment la prochaine fois.
   À SUIVRE...

samedi 29 octobre 2011

Bilan de la coupe du monde de Rugby 2011: I Retour sur Terre

   Il m'aura donc fallu prés d'une semaine pour pouvoir écrire après cette finale de coupe du monde de rugby. Agen est en train de battre Montpellier à Armandie et je dois dire que cette journée de Top  14, la titularisation d'Heymans, ou l'atroce blessure de Domingo, m'ont aidé à franchir le cap. Depuis quelques jours, je pouvais en sourire,  mais impossible de se mettre au clavier.
Dagg : "Fiers et impatients"
 Pourtant, beaucoup de choses me viennent à l'esprit à propos de ces 6 semaines. Tellement que plutôt que vous assommer avec un article roboratif censé condenser la totalité de la compétition, je vais faire plusieurs bilans sous des angles différents qui méritent tous d'être développés.

  La Nouvelle-Zélande est championne du monde, et c'est de bonne grâce que je me joins aux félicitations que ces joueurs et ce staff ont reçus pour leur rôle dans le rugby mondial, comme vitrine, acteurs brillants, et enfin hôtes dignes et chaleureux. Ceci est fait sans ironie et amertume mais le politiquement correct ne m'empêchera pas d'évoquer certains aspects dommageables notamment lors de la finale.

 S'il m'a fallu quelques jours pour pouvoir évoquer par écrit ce tournoi, ce n'est pas uniquement à cause de la déception très forte que j'ai ressenti à l'issue de cette finale perdue par la France. Mais aussi parce que l'intensité des émotions fut au rendez-vous. Ce sport reste pour moi un sport exceptionnel.
  Je veux d'abord insister sur la pertinence extrême de cette compétition dans le rugby professionnel. Comme joueur, j'ai connu le rugby amateur et assisté comme supporter et amateur, attentif et parfois inquiet à l'avènement du professionnalisme. La coupe du monde semblait suivre pour moi les pas de la compétition du même nom du football, et déjà on aurait pu craindre que ce rassemblement soit le symbole de la fin du sport que l'on aimait, celui du tournoi de 5 nations et des tournées dans l'hémisphère sud. Pourtant dès la première édition, en 1987 en Nouvelle-Zélande, ce fut une réussite. Pour la Nouvelle-Zélande avec une première victoire, pour la France avec une demi-finale d'anthologie face aux australiens, et pour ce sport en général qui a vu réunis différents niveaux, différents styles sans que ce jeu perde l'essentiel de ce qui aujourd'hui encore en fait un sport à part, un spectacle à part, une expérience humaine exceptionnelle.
  La compétition mondiale aurait pu exacerber les mauvais cotés d'un "star-système" mais sans pour autant verser dans un tableau idyllique en oubliant que le rugby est ou sera touché par des problèmes de dopage, de moeurs ou autres, on peut constater aujourd'hui que l'essence de ce sport a perduré depuis la première édition. Elle a évolué vers un spectacle fédérateur, parfois grandiose, alliant une complexité inédite dans un sport de cette envergure à une popularité trans-générationnelle grandissante.
   Ce sport étant construit sur des hommes (ou femmes) forts mais surtout liés dans le combat collectif, il a trouvé un écho retentissant dans une compétition de six semaines, aux contraintes physiques énormes, et aux difficultés psychologiques inhérentes à une vie de groupe si longue, si on ajoute la phase de préparation de 2 mois pour les français par exemple. C'est un périple, une odyssée au sens mythologique que vivent ces groupes humains, et que nous vivons par procuration. C'est par l'exceptionnelle dureté psychologique de ce parcours que cette compétition épouse les valeurs de ce sport.
 L'équipe de France est un bon exemple. Tout supporter un tant soit peu impliqué a été soumis à un rude régime émotionnel cette fois. Une phase difficile  pré-coupe du monde avec des déculottées mémorables (Australie, Argentine, Afrique du Sud)  et un tournoi morose, a laissé place à une phase de préparation vendue comme exceptionnelle et de fait porteuses d'espoirs. Puis la frustration des premiers matchs a laissé place à la frayeur avec la défaite contre le Tonga, juste avant un quart attendu contre l'Angleterre. Le premier match éliminatoire a réveillé les espoirs avant de voir la demi-finale à nouveau doucher nos espoirs de jeu. Je laisse la Finale pour plus tard mais elle ne fut pas exempte d'émotions. Un véritable yoyo, donc nous a mis en tension croissante durant ces six semaines. Les conférences de presse,(j'y reviendrai aussi) devenaient des évènements en soi, les commentaires allaient bon train sur les dissensions dans le groupe, les cassures ou les clans, entre joueurs ou avec le staff.
   Chaque interview de joueur montrait pourtant que rien de tel n'existait réellement, en dehors de l'échec du plan "A" annoncé. La frustration générait la spéculation etc...

   J'ai vibré comme rarement cette fois, et j'aime encore plus ce sport, cette compétition et l'équipe de France. Mais c'est heureux que ce ne soit que tout les 4 ans, tant les émotions m'ont mobilisé pendant la durée du tournoi.

 À SUIVRE...

dimanche 16 octobre 2011

À 4 jours de la finale.

 Les Français peuvent enfin se lâcher. Ils sont en finale de la Coupe du monde. 



 Bon, avant tout , faisons un retour sur cette demi-finale... exceptionnelle.
 Les bleus ont gagné un match qu'ils perdront 49 fois sur 50. C'est là le réel problème. Il n'y a aucun scandale. Le contexte très particulier a créé les conditions de quelques emportements excessifs contre cette équipe. D'abord un opposition entre un "petit" et un gros dont on s'apercevra si on veut bien être honnête qu'elle n'a pas grand sens au vu des coupes d'Europe par exemple ou même de récents tournois. Ensuite une opposition de style qui s'est avérée encore plus radicale sur ce match qu'attendu. J'y reviendrai.
 Enfin, le cas Warburton, joueur exceptionnel, connu pour son agressivité saine et son enthousiasme qui a écopé à la 19ème minute d'un carton rouge dramatique pour les siens et surtout pour lui. Revenons sur cet évènement. Anticipant brillamment sur une combinaison française, il coupe la trajectoire de Vincent Clerc, le plaque en pleine vitesse, le soulève, le bascule tête en bas et le lâche. Le toulousain tombe sur les épaules et le cou et reste quelques minutes au sol. L'arbitre Mr Rolland, parfaitement placé n'hésite pas et sort le carton rouge. La règle est sans équivoque. Elle prévoit un carton rouge dans ce cas. Pourquoi tant de critiques sur cette décision? D'abord en 87, lors de la seule demi-finale disputée par le Pays de Galles, un joueur gallois avait été le premier expulsé de l'histoire de cette compétition, voilà une vieille blessure qui se ré-ouvre, mais c'est surtout pour les gallois. Pour les autres, c'est le déroulement du match qui a créé la frustration, les rouges n'ont cessé de prendre l'ascendant contre les français jusqu'à perdre un match impossible à perdre , à 14 contre 15 pendant plus d'une heure de jeu !!!
  C'est là que je me livrerai à une défense paradoxale du XV de France. Je m'explique. Tout le monde les critique pour leur absence de jeu comme si la piètre qualité de leur prestation était un choix stratégique, pour contrer le gallois et leur jeu de mouvement. Mais la France n'a même pas pu exercer le moindre choix stratégique tant elle était dominée dans le jeu courant, dans l'engagement. On peut d'ailleurs penser que l'expulsion de Warburton n'a pas été aussi préjudiciable qu'elle aurait pu, car les rouges ont monopolisé le ballon et n'ont pas vraiment eu à affronter de temps fort français , où Sam Warburton excelle dans le grattage et la récupération sans compter l'effet psychologique que le sentiment d'injustice forcément ressenti a dû avoir sur les gallois en les mettant en mode "commando". Il ne faut pas nier cependant que la fatigue accrue a pesé en fin de rencontre notamment lors de cette longue action de 5 minutes et 29 temps de jeu où les rouges, à la recherche de la faute, n'avançaient plus.
  Nous avons assisté à une répétition de la décompression française suite à un bon match en quart et la logique aurait voulu que nous perdions,... comme prévu! Mais les gallois n'ont pas su transformer leur domination en points ratant presque tout leurs coups de pied, avec trois buteurs différents! La chance des bleus avait commencé avec le forfait de Priestland qui aurait certainement sonné le glas des Français, tant la match de Hook fut faible.
 A l'inverse, la France fut quand même un peu meilleure que contre le Tonga, en mélée et surtout en touche et la défense fut cohérente et même parfois extrêmement pertinente comme sur la dernière action.
  Donc pour revenir sur ce point , il n'y eu pas d'opposition de styles puisque seuls les rouges en eurent un. Et l'équipe de France n'a pas réglé son problème mental qui aurait dû l'écarter de la finale si elle n'avait pas bénéficié d'une conjonction insensée de circonstances chanceuses.

    Le débat a fait rage ces jours-ci sur le "jeu" français. Quid du french-flair? est-ce que seul le résultat compte?  J'ai là-dessus des sentiments partagés. Je ne crois pas au french-flair, si ce n'est que l'histoire retient les performances inattendues des français et les parent de toutes les qualités alors que c'est l'inconstance même qui les met en relief, ce n'est pas un hasard si nous sommes la seule nation majeure de ce sport n'ayant remporté aucun titre mondial. Je crois au contraire que le résultat prime et que la victoire doit s'imposer comme une priorité. En ce sens je me réjouis de nous voir en finale. Mais c'est parce que nous aurions dû perdre que je suis partagé voire contrarié. Ce n'est pas l'absence de jeu mais la défaite dans l'engagement qui me désole. Nous perdrons les 50 matchs prochains que nous jouerons comme cela, n'en doutons pas, alors il est idiot d'opposer le jeu au résultat. Lorsque les français sont mentalement à la hauteur, il jouent leur jeu, comme en quart et gagnent ou perdent parfois mais moins souvent.
Ce match fut horrible vu de chez nous, aucun plaisir et un stress qui a épuisé pour la journée la plupart de ceux avec qui j'en ai parlé ce jour-là, sans compter la sincère peine pour nos amis gallois et leur capitaine. Le résultat fut absurde et doit être considéré comme une anomalie, anomalie qui nous propulse en finale, seul match qui peut nous sauver car ce type de miracle ne se reproduira pas.

     Pour cette finale , il n'y a pas de doutes, la Nouvelle-zélande est archi-favorite et leur rugby ne devrait pas permettre d'avoir le moindre doute. Et pourtant, ce doute existe. J'en parle hors de ma condition de supporter des bleus. La virulence des attaques de la presse mondiale spécialisée (?) contre l'équipe de France semble presque tenter d'exorciser quelque chose. Il existe pour nous, mais il existe évidemment dans la tête de nos adversaires, le souvenir des performances de 1999 et 200, mais plus encore du comportement lunatique permanent de cette équipe assurera l'audience. Les conditions sont réunies pour produire ce genre d'évènement, en suscitant une réaction de groupe acculé, vilipendé de toutes parts, et promis à la correction.
 Pour ma part, j'ai peur que l'imprévisibilité de cette équipe aille jusqu'à décevoir ces espoirs de rebellion. Ce serait une triste sortie. j'espère sincèrement que la réaction permettra de voir un vrai match  avec le combat et l'engagement que l'on est en droit d'attendre et pourquoi pas un peu de suspens même si la victoire n'est pas au bout. Qui pourrait ne pas se réjouir de voir les blacks sacrés éviter une terrible désillusion sur leur sol.
  Mais je reste un supporter des bleus , et c'est pour cela que je pronostiquerai une victoire des all-blacks, en espérant que le statut d'outsider permettra à cette équipe de France de jouer à son maximum.

dimanche 11 septembre 2011

Vive la coupe du monde!


  Bon, ça y est, on y est. Voilà la compétition bien lancée avec déjà des matchs passionnant par l'intensité que chaque équipe met. A la vue des matchs du Japon , des USA ou de la Roumanie, ou des oppositions serrées entre l'Argentine et l'Angleterre , et les Pays de Galles et L'Afrique du Sud, on peut s'interroger sur la pertinence des traditionnels test-match de tournée, ces matchs donnant des résultats très incohérents le plus souvent entre les équipes européennes et celles de l'hémisphère sud. Ce n'est pas le sujet mais ça me tracasse.
  Il reste que toutes ces oppositions ont tout de même fini par respecter la hiérarchie habituelle entre hémisphères et entre équipes des deux tournois majeurs que sont les VI nations et le tri-nations et ... les autres. Espérons que les surprises finiront par arriver car ce sport en a besoin pour sa popularité.
 
 Pour les français, le démarrage est poussif. Je signalerai pour commencer la prestation moyenne de Romain Poite, seul arbitre français de la compétition, qui n'a pas cru bon de signaler à son collègue de champ également distrait, le magnifique placage sans ballon anglais des dernières minutes d'Argentine/Angleterre, qui enlevait toute chance aux argentins de gagner ce match, après l'essai anglais consécutif à une faute imaginaire du centre argentin, placage dangereux que je ne comprends pas, mais alors pas du tout.

  Pour ce qui est des bleus, ce fut aussi très poussif. Après une entame convaincante sur l'envie et l'engagement, notre XV a progressivement disparu du combat collectif sans avoir jamais montré d'ambitions offensives réelles , si ce n'est sur cette combinaison qui a propulsé Estebanez dans l'intervalle au début du match. L'interception de Trihn-Duc, comme à Dublin, a rendu trop facile la maitrise du tableau d'affichage, et les travers français qui n'ont pas besoin d'être encouragés ont réapparu aussitôt, engagement minimum, attentisme défensif.
  Je me souviens parfaitement du match Japon/Fidji de 2007 à Nantes , je crois, qui reste avec l'inoubliable Galles/Fidji un des meilleurs matchs de cette compétition. Les japonais avait montré une compréhension avancée du rugby de haut niveau, et s'était incliné de quelques points seulement au terme d'une rencontre magnifique de bout en bout. Ils avaient notamment été capable de tenir le ballon 3'50s au-delà de la sirène pour espérer marquer un essai qui leur aurait donné la victoire. Ils avaient d'ailleurs eu droit avec leurs adversaires à une standing ovation de plusieurs minutes. Sachant aussi que leur championnat domestique a la réputation d'être d'un niveau très correct, je n'ai pas été surpris de les voir à ce niveau. Il faut d'ailleurs reconnaitre que sur le plan du jeu, ils ont remporté ce match, alliant conservation et vitesse beaucoup mieux que l'équipe de France.
On se consolera donc en se disant que l'adversaire n'était pas si mauvais que ça. Mais pour autant, pas de quoi se rassurer. On attends vainement que cette équipe déploie son potentiel, et montre un peu d'ambition offensive. Faudra-t-il une fois de plus que nous soyons la peur au ventre pour voir le vrai visage de ces joueurs? Peut-être, et il est sûr, hélas, qu'une accession aux demi-finales suffirait à la plupart des français pour considérer cette compétition comme réussie, mais en tant qu'amoureux de ce sport, je suis frustré de ne pas pouvoir me réjouir de voir les bleus en action un peu plus souvent. Je suis aussi inquiet de penser qu'il pourrait n'y avoir aucun réveil, et que l'absence de jeu que nous voyons depuis l'avènement de ce staff soit finalement la triste réalité.
  Rien d'original donc dans cette analyse aujourd'hui mais je dois dire que cette compétition me réjouit. J'ai pu ainsi échapper aux excessives commémorations du 11 septembre 2001, qui semble passionner surtout les journalistes. Alors vive la coupe du monde de rugby!